Voilà quelque chose que j'avais très envie de partager avec vous, le concert de M au Zénith de Lille était tout bonnement énorme. C'était tout il y a tout juste une semaine, le samedi 1er juin 2013 au Zénith de Lille. Comme à son habitude Matthieu Chedid alias -M-, Matthieu pour les intimes, nous a gratifié d'un spectacle époustouflant. Comme dab. De la gratte de haut vol en veux-tu en voilà, des passages plus calmes et plus profonds en grand poète qu'il est, bref la palette élargie d'un artiste complet s'il en est et qui, outre ses talents de guitariste hors pair et de parolier de renom est quelqu'un qui avant tout donne de sa personne.

place de concert mEn ce sens, le concert de ce samedi 1er juin 2013 au Zénith de Lille fut un bel exemple : 2h20 de show incluant 2 rappels pour M et ses musiciens précédées d'environ 30 minutes de Nach et ses musiciens, très sympathique première partie nous y reviendrons, pour près de trois heures de show au total. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on en a pour son argent, d'autant plus quand, comme moi, on s'est vu offrir la place pour cette magnifique soirée par deux bienfaiteurs qui se reconnaîtront et que je remercie encore au passage ;).

Première partie : Nach

NachIl y a parfois de ces premières parties où l'on s'ennuie de pied ferme en attendant "l'artiste qu'on est venu voir". Nach n'en fait pas partie. Et elle n'en fait d'autant moins partie qu'elle "colle" plutôt à un univers "M-esque". Une chanteuse un peu déjantée, de l'auto dérision, de bons musicos, le groupe fut bien accueilli et aura bien mis le bouillonnant public du Zénith en jambes. Une artiste qui gagne à être connu donc, raison pour laquelle je vous mets ces deux petits liens, vers le myspace du groupe et vers la page fan Facebook.

Interlude : Clowns sans frontières

Clowns sans frontieresUn petit interlude entre la première partie et l'arrivée de Matthieu sur scène pendant lequel il nous présente son engagement aux côtés de l'association Clowns sans frontières. Il s'agit d'une association qui lui tient particulièrement à cœur (qu'il me semble il nous avait déjà présentée au concert précédent ou dont j'avais déjà entendu parler par un autre biais) et qui a pour but d'apporter de la gaieté à ceux qui en manquent cruellement. Le côté particulièrement appréciable de ce spot et de la brève présentation qui en est faite et que l'on sent la sincérité de l'engagement au profit de cette association et pas un simple moyen de s'attirer un capital sympathie à des fins commerciales personnelles. Une invitation à envoyer le SMS Clowns au 8 10 15 je crois et que je relaie plus que volontiers ici et qui représente un don de 3 € en faveur de l'asso. Dixit M himself, on envoie le texto le temps pour lui d'accorder sa guitare et c'est parti. Le site de clowns sans frontières.

Le concert de M, 2h20 de régal

scène en forme de MLa guitare accordée et c'est le début d'un grand spectacle. Le rideau tombe (au propre comme au figuré) dévoilant la deuxième partie de la scène avec un décor en forme de ... M, évidemment. Notre artiste a une parfaite maîtrise des salles bouillantes, dont les gratifications du public font bien évidemment partie intégrante, mais ne représentent qu'une petite partie de la connaissance des moments où il faut "pauser", de ceux où "on s'lâche complètement" (<- Les connaisseurs sauront replacer :)). Les deux choses qui m'impressionnent le plus chez Matthieu Chedid c'est sa capacité à emmener le public avec lui et à savoir aussi créer des moments d'intimité avec lui dans de très grandes salles pourtant combles...

Les morceaux du dernier album (Îl) sont entremêlés de ses plus grands tubes (Je dis aime, Mama Sam, Le complexe du Cornflexe, etc.) qui font bien évidemment partie de la fête. Un Machistador endiablé pour finir une première séance précédant deux rappels pour conclure sur un dernier Mojo où l'on remet les lunettes éclairantes et il faut déjà se dire au revoir, ou plutôt, à bientôt !

 

Ce qui transforme un concert en souvenir marquant

Assister à un concert, ce n'est jamais seulement écouter des chansons que l'on connaît déjà. C'est vivre une expérience collective où la musique se déploie dans l'instant, portée par un public qui respire au même rythme. Un artiste complet sait précisément jouer de cette énergie partagée. Il alterne les moments d'exaltation et les temps plus intimes, il laisse respirer le silence avant de relancer la salle, et il fait de chaque titre une petite histoire racontée en direct. C'est cette dramaturgie invisible qui distingue une simple représentation d'un spectacle inoubliable.

La force d'un grand concert tient souvent à des détails que l'on ne perçoit pas immédiatement. La lumière qui accompagne une montée mélodique, la façon dont un musicien croise le regard du premier rang, la reprise inattendue d'un refrain que toute la salle connaît par cœur. Ces instants ne se planifient pas complètement, ils naissent de la rencontre entre un interprète généreux et un auditoire réceptif. C'est pourquoi deux dates d'une même tournée ne se ressemblent jamais tout à fait.

La différence entre l'écoute enregistrée et le live

Un album offre une version aboutie, ciselée, pensée pour être réécoutée. La scène propose autre chose, une matière vivante qui accepte l'imperfection et la transforme en émotion brute. Sur disque, tout est calibré, tandis qu'en concert la voix peut se briser légèrement, la guitare improviser un solo plus long, le tempo s'accélérer sous l'effet de l'adrénaline. Ces variations sont précisément ce que le public vient chercher. Elles rappellent qu'un artiste n'est pas une machine mais un être humain qui se donne, ce soir-là, à cette salle-là.

Le corps joue aussi un rôle essentiel. Ressentir les basses dans la poitrine, applaudir jusqu'à en avoir les mains rouges, chanter à s'en casser la voix, tout cela participe d'une mémoire sensorielle que l'écoute domestique ne procure jamais. On se souvient d'un concert avec ses jambes fatiguées, la chaleur de la foule et le sourire qui ne veut plus partir sur le chemin du retour.

Bien profiter d'un concert du début à la fin

Un concert réussi commence bien avant le premier accord. Quelques réflexes simples permettent d'en tirer le meilleur et d'éviter les petites contrariétés qui gâchent parfois la soirée. L'idée n'est pas de tout planifier à l'excès, mais de se libérer l'esprit pour rester pleinement disponible à la musique.

  1. Arriver suffisamment tôt pour repérer la salle, les accès et les points d'eau sans stress.
  2. Prévoir une tenue confortable et des chaussures adaptées à une longue station debout.
  3. Se renseigner sur l'artiste qui assure la première partie, souvent une belle découverte.
  4. Boire de l'eau régulièrement, surtout dans les fosses où la chaleur monte vite.
  5. Ranger son téléphone après quelques photos pour vivre l'instant les yeux ouverts.

Ce dernier point mérite qu'on s'y attarde. Filmer un concert entier derrière un écran revient à s'en priver à moitié. Une ou deux images suffisent à garder une trace, le reste se grave bien mieux dans la mémoire vive que dans un fichier vidéo que l'on ne regardera sans doute jamais. Le meilleur souvenir d'un concert reste celui que l'on a réellement ressenti.

Accueillir la première partie avec bienveillance

La première partie d'un concert est un moment souvent négligé, parfois même ignoré par un public encore occupé à s'installer. C'est pourtant une occasion précieuse. Un artiste en début de carrière donne tout devant une salle qui ne le connaît pas encore, et cette sincérité un peu fragile a quelque chose de touchant. Beaucoup de découvertes musicales durables naissent ainsi, presque par hasard, dans la pénombre d'une salle qui se remplit doucement. Applaudir généreusement une première partie, c'est aussi honorer tout un écosystème artistique qui a besoin de ces scènes pour exister et grandir.

Rester attentif dès les premières minutes permet en outre d'entrer progressivement dans l'ambiance. On s'habitue à l'acoustique du lieu, on repère les meilleurs endroits pour voir et entendre, on laisse l'excitation monter tranquillement plutôt que de la subir d'un coup lorsque la tête d'affiche arrive.

L'art de la scène chez un artiste multi-instrumentiste

Certains interprètes se contentent de chanter, d'autres embrassent leur instrument comme un prolongement d'eux-mêmes. Un guitariste chanteur, par exemple, doit gérer simultanément la mélodie, le rythme, le placement vocal et la relation au public. Cette maîtrise technique passe le plus souvent inaperçue tant elle semble naturelle, et c'est justement le signe d'un travail acharné. Derrière l'apparente facilité se cachent des années de répétition, une oreille exigeante et une discipline de tous les instants.

Le multi-instrumentiste apporte en concert une richesse supplémentaire. Il peut passer de la guitare au clavier, colorer un morceau d'un timbre inattendu, surprendre l'auditoire par un arrangement retravaillé pour la scène. Cette polyvalence nourrit la variété du set et évite la monotonie que l'on ressent parfois lors des concerts trop uniformes. Elle témoigne aussi d'une curiosité musicale qui déborde d'un seul registre.

  • La voix comme fil conducteur émotionnel de la soirée.
  • La guitare pour l'énergie, les riffs et les envolées improvisées.
  • Les claviers pour la profondeur harmonique et les atmosphères.
  • Les percussions pour ancrer le corps du public dans le rythme.
  • Les silences, enfin, comme respiration indispensable entre les titres.

Le poète derrière le musicien

Au delà de la performance, ce qui fait durer un artiste dans le temps, c'est souvent la qualité de ses textes. Une belle mélodie séduit immédiatement, mais ce sont les mots qui la retiennent dans la mémoire. Les paroles bien écrites travaillent la langue, jouent avec les images, glissent des sens cachés que l'on découvre au fil des écoutes. En concert, ces textes prennent une dimension nouvelle lorsqu'ils sont partagés par des centaines de voix. Un refrain repris en chœur devient soudain un bien commun, une phrase que chacun s'approprie selon son histoire personnelle.

Cette alchimie entre musique et poésie explique pourquoi certains concerts nous bouleversent bien plus que d'autres. On y vient pour les chansons, on en repart avec le sentiment d'avoir partagé quelque chose de plus vaste, une émotion collective qui dépasse la somme des morceaux joués.

Prolonger le plaisir après le concert

La sortie de salle marque rarement la fin de l'expérience. Sur le trajet du retour, les chansons continuent de tourner en tête, on rejoue mentalement les meilleurs moments, on échange ses impressions avec les personnes qui nous accompagnaient. Ce partage d'après concert fait pleinement partie du plaisir. Comparer sa chanson préférée de la soirée, s'étonner d'un choix de setlist, se remémorer un rappel inattendu, tout cela prolonge la magie et cimente le souvenir.

Réécouter ensuite l'artiste chez soi prend alors une saveur particulière. Les titres que l'on a vus interprétés en direct portent désormais une charge affective supplémentaire. On ne les entend plus de la même manière, on y superpose les images de la scène, la lumière, la foule. C'est peut-être là le plus beau cadeau d'un concert marquant, cette capacité à transformer durablement notre écoute et à rendre une musique un peu plus intime, un peu plus nôtre, longtemps après que les dernières notes se sont éteintes.

Le Zénith, une salle pensée pour la musique vivante

Les grandes salles de concert modulables occupent une place particulière dans le paysage musical français. Conçues pour accueillir aussi bien un public assis qu'une fosse debout, elles offrent une acoustique soignée et une jauge suffisante pour recevoir les tournées d'envergure sans perdre le lien avec la scène. Leur configuration permet de vivre un concert de manière très différente selon l'endroit choisi. Depuis les gradins, on embrasse l'ensemble du spectacle, la scénographie, les jeux de lumière et la chorégraphie de la foule. Depuis la fosse, on partage la ferveur immédiate des premiers rangs, au plus près des musiciens.

Ce type de lieu joue aussi un rôle culturel important dans sa région. Il fait venir des artistes que l'on n'aurait sinon la chance de voir qu'en se déplaçant très loin, et il anime la vie nocturne d'une agglomération. Choisir sa place demande donc réflexion. Voici quelques repères utiles avant de réserver.

  • La fosse pour l'énergie, la proximité et la possibilité de danser.
  • Le bas des gradins pour un bon compromis entre vue et confort.
  • Le haut des gradins pour une vue d'ensemble et une acoustique souvent équilibrée.
  • Les côtés pour un tarif parfois plus doux, au prix d'un angle moins central.

Quel que soit l'endroit retenu, l'essentiel reste de se rendre disponible à la surprise. Un concert marquant ne se résume pas à la qualité de sa place, il tient surtout à l'ouverture d'esprit avec laquelle on l'aborde. Se laisser porter, accepter d'être ému, oser chanter et applaudir sans retenue, voilà ce qui transforme une simple sortie en un moment que l'on racontera longtemps.